Interview Exclusive avec Mikaël Poté/Bénin : « Aller titiller le Sénégal serait l’une des plus belles manières de nous racheter devant le peuple béninois »



Mikaël Poté  est de retour en sélection après son absence lors de la tournée de mars dernier en Turquie où les Béninois avaient joué trois matchs amicaux. L’attaquant de Magusa Turk Gusu en Chypre du Nord est appelé pour les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Dans un entretien exclusif accordé à Africatopsports, l’avant-centre béninois revient sur sa saison après son départ précipité de Menemenspor(Turquie). Le buteur le plus rapide de l’histoire de la CAN, aborde les enjeux de ces éliminatoires, évoque le match contre le Sénégal parle de sa carrière et de sa vie après le football, non sans oublier de dévoiler ses ambitions avec le Bénin. 

 

ATS- Mikael Poté comment s’est passée votre saison ?

MP : Par rapport à ma saison, je dis Al-Hamdoulilah parce que c’était au-delà de mes espérances. J’ai quitté mon ancien club (Menemenspor en Turquie) en mi-saison en Turquie parce que je ne prenais plus du plaisir. Quand on arrive à un certain âge et qu’il n’y a plus de motivation, plus de plaisir il faut savoir dire stop. Et j’étais parti sur cet optique là en novembre dernier. J’avais décidé que si avec le Bénin on ne parvenait pas à se qualifier pour la Coupe du Monde, j’allais sûrement arrêter parce qu’en club je ne prenais plus de plaisir. Donc c’est ce que j’ai fait, j’avais pratiquement arrêté le football malgré ma passion pour ce jeu. Et un mois après j’ai eu cette opportunité dans le club où je suis actuellement (Magusa Türk Gücü) en Chypre du Nord. Cette nouvelle expérience n’est que du plaisir. J’ai fait une belle demie de saison, j’ai remporté des titres et cela m’a remotivé et m’a donné envie de jouer encore au football.

ATS- Pourquoi depuis sept ans, votre carrière en club est partagée entre la Turquie et Chypre ?

MP : Vous savez le foot c’est une histoire de trajectoire. Parfois ce sont des concours de circonstances qui font que les choses arrivent autrement. On est des croyants et tout ce qui nous arrive a été voulu comme tel par Dieu. C’est notre destin. Quand j’étais en Allemagne j’ai eu cette opportunité-là, la Chypre d’abord pour jouer l’Europe. J’ai découvert que pour jouer l’Europe, il ne faut pas forcément être au Barça ou au Real. A l’époque quand l’Omónia Nicosie mon premier club en Chypre est venu me solliciter, je ne connaissais pas, je me suis renseigné et j’ai vu que c’est un club qui joue l’Europa League. Je suis tombé amoureux de ça et j‘avais envie de goûter aux compétitions européennes. J’ai fait une année là-bas et j’ai eu l’opportunité d’aller en Turquie où tout s’est bien passé aussi. Quand j’étais à l’Omónia, il y avait son rival l’Apoel de Nicosie qui jouait la Champions League et qui me voulait. Mais c’était difficile de partir directement. C’est comme quitter OM pour aller au PSG. C’était le club rival de l’Omónia et il fallait passer par des détours avant d’y aller. C’est la raison pour laquelle je suis passé par la Turquie avant d’aller à l’Apoel qui joue régulièrement la Champions League. Et je voulais jouer cette compétition malgré mon âge qui était déjà avancé. Je rentrais presque dans la trentaine. Dieu merci ça s’est bien passé, j’ai fait un détour en Turquie et j’ai fini meilleur buteur et j’ai pu revenir à l’Apoel par la grande porte. Voilà pourquoi Dieu a fait que je suis resté dans ces pays. Comme je me suis bien senti là-bas, j’ai voulu continuer, voilà.

Qu’est-ce qui vous retient dans ces championnats peu cotés par rapport aux autres d’Europe. Est-ce l’argent ?

MP : J’ai eu un parcours un peu atypique, je me suis un peu révélé sur le tas dans le football. En Europe c’est une autre mentalité en ce qui concerne le recrutement des joueurs. On aime beaucoup miser sur la formation sur la jeunesse. Quand on a un certain âge c’est un peu difficile pour les joueurs qui n’ont pas eu la chance de faire les grands centres de formations comme nous de pouvoir intégrer des clubs européens. Ce n’est pas impossible mais c’est très difficile. Donc quand on l’opportunité de s’expatrier de jouer dans des pays voisins qui font aussi partie de l’Europe on saute sur l’occasion. Il y a des pays moins cotés où on peut avoir la chance d’accéder à des compétitions internationales. Le côté financier ça prime toujours mais moi je ne l’ai jamais mis en avant. J’avais des opportunités d’aller dans des pays plus éloignés avec une belle manne d’argent mais j’ai toujours privilégié la proximité avec l’Europe pour pouvoir sportivement être toujours au haut niveau.

A bientôt 37 ans, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

MP : J’ai 37ans bientôt 38 ans. Comme je l’ai dit je n’ai pas de limite. Je prends du plaisir le jour je ne pourrai plus j’arrêterai. On a de beaux exemples il y a Ibrahimovic, Cristiano Ronaldo. Je n’ai pas de limite tant que j’aurai du plaisir. J’essaie de respecter une hygiène de vie et cela me permets de garder toujours une certaine forme malgré mon âge avancé.

« Jai voulu arrêter le football à un moment »

Quand comptez-vous prendre votre retraite ?

MP : Je n’ai pas de limite et on verra ça dans un an, deux ans ou trois ans peu importe. Tant que mon corps suivra je ne lâcherai pas Inshaa-Allah. Je ne vais pas arrêter pour l’instant parce que j’aime tellement ce que je fais. Quand j’ai vécu une certaine démotivation dans le club où j’étais, j’avais voulu arrêter je ne trouvais plus du plaisir dans mon métier. Mais ce n’est pas que je ne me sentais pas bien physiquement que j’avais voulu arrêter.

Comptez-vous toujours rester dans le football après la retraite ?

MP : Franchement je ne sais pas, seul Dieu sait. Mais je pense toujours avoir un pied dans le football vu le fait que j’ai aussi une académie. Je pense que je serai toujours avec le ballon. C’est ce que j’aime c’est ce que je sais faire de mieux vraiment je ne me vois pas trop m’éloigner de ça. On peut avoir d’autres petites activités dans la « vraie vie » comme on dit nous les footeux. Je resterai sur d’autres activités que j’ai mis en place certes, mais je ne pense pas me retirer définitivement du monde du football.

Pensez-vous devenir sélectionneur du Benin comme l’ont fait Aliou Cissé, Rigobert Song, Belmadi avec leurs pays ?

MP : Devenir sélectionneur ? je ne sais seul Dieu sait. Franchement je ne sais pas c’est un gros point d’interrogation. C’est vrai que j’aime transmettre mais si vous remarquez les joueurs qui durent dans le foot, ne deviennent pas si vite des entraineurs. Ils aiment tellement être sur le terrain que passer de l’autre côté de la barrière est un peu difficile. Après ce n’est pas une généralité mais je sais par rapport à certains cas que j’ai vu la transition ne sait pas faite aussi vite. En ce qui me concerne j’aime trop le terrain mais je réfléchis à cette éventualité. Quand on est coach je peux dire qu’on a un peu les mains liées. Je veux être au bord du terrain de manière plus générale comme je le fais avec mon académie, mais me retrouver au bord du terrain et ne peux pas pouvoir rentrer sera difficile (rires). Pour le moment je ne pourrai pas répondre de façon exacte sur la question.

Quel est votre dernier challenge avant de raccrocher définitivement les crampons ?

MP : J’ai des challenges. J’ai un certain nombre de buts que j’aimerai marquer. J’essaie d’atteindre ce chiffre si possible. J’ai toujours soif d’objectifs je ne suis jamais rassasié. Ce sont ces objectifs qui permettent de garder toujours cette motivation d’être sur le terrain. Il faut toujours être ambitieux. Oui j’ai des challenges à court terme, et c’est de se qualifier pour la prochaine CAN 2023. Les échéances précédentes nous ont laissé un goût un amer. Et à long terme, je veux bien atteindre un certain nombre de buts, gagner encore des titres. Quan on y prend goût et peu importe le niveau, peu importe le pays la division, être champion c’est toujours quelque chose de beau.

« J’ai toujours soif d’objectifs je ne suis jamais rassasié »

Parlez-nous un peu de votre Académie. Où en est son développement ?

MP : Dieu merci par rapport à l’académie les choses vont bien. Depuis le début du Covid, on avait fait une pause. J’ai tenu à faire ce projet à l’époque pour aider les jeunes béninois à faire éclore leurs talents. On ne trouve pas des centres de formations chez nous comme on en trouve au Sénégal ou en Côte d’Ivoire. On est un petit pays. Le Bénin n’était pas un pays de football, même si ça commence à le devenir. Mais j’ai toujours dit qu’il y a des talents partout. Et c’était pour cela que j’ai tenu à aider. Quand je serai un peu plus présent j’essaierai de remettre certaines choses en place. J’ai arrêté de les faire jouer en championnat, on reste sur des entrainements seulement. On a réussi à placer des joueurs dans des clubs locaux et certains ont pu signer à l’étranger. On a ouvert l’académie depuis 2012 ça s’est bien passé on a eu de beaux résultats. Comme je l’ai dit depuis son lancement pour réussir de tel projet il faut patienter au moins dix ans. Dieu merci on a un bon parcours on a un nom aussi au pays. Les choses avancent à un rythme normal. Certes ceux qui viennent à l’académie c’est pour le football, mais on a réussi à faire d’eux des hommes. C’était l’objectif principal et c’est toujours une fierté.

Vous êtes le détenteur d’un record à la CAN, celui du but le plus rapide, inscrit après 104 secondes contre le Ghana en 2019 qu’est-ce que cela vous fait ?

MP : C’est beau d’avoir des records. Je ne suis pas rassasié d’objectifs, de titres de buts ou autres etc… C’est une petite fierté je ne sais pas s’il a été battu ou pas mais si tel n’est pas le cas, ça fait plaisir. J’essaierai de récidiver cela si on se qualifie pour la prochaine CAN Inshaa-Allah. En tout cas ce sont de petites choses qui font vraiment plaisir à un footballeur professionnel.

Le Benin était absent à la dernière Can, a-t-il appris de ses erreurs pour rectifier le tir ?

MP : On a appris de nos erreurs. C’est passé mais la vie fait qu’on doit vite oublier cet échec, mais franchement c’est un très mauvais souvenir. Cette non-participation à la CAN 2021, fait parties des pires souvenirs que j’ai eu dans ma carrière. On était à deux doigts de se qualifier puis tout s’est écrouler. Comme je l’ai dit on ne méritait pas, pas parce qu’on n’avait pas la capacité, mais on ne n’avait pas fait ce qu’il fallait.

« Cette non-participation à la CAN 2021, fait parties de mes pires souvenirs »

Quelle analyse faites-vous de votre groupe pour les éliminatoires ?

MP : Pour moi ce n’est pas un groupe évident certes. Si on veut regarder comme tout le monde sur le papier on a potentiellement plus de chance que le Rwanda ou le Mozambique. Mais à ce stade le papier ne veut rien dire. Dans le football africain tout le monde peut battre tout le monde. On l’a vu lors des dernières CAN où il y a toujours des surprises. Nous en 2019 personne ne nous attendait en quarts de finale. Je ne dirai pas qu’on est chanceux. Souvent ce sont des matches pièges. La dernière fois où on avait la possibilité de se qualifier on n’est pas passé et c’est finalement la Sierra Leone qui est passée. Contre toute attente ils sont passés devant nous. Je n’appellerai pas trop ça de la chance, parce qu’on a cette impression quand on joue contre des équipes un peu moins renommées, souvent on a du mal,  pas par manque de motivation, mais justement ce petit relâchement psychologique. Mais quand on rencontre de grandes équipes on est plus concentré. Même en club, souvent c’est comme ça. On a beaucoup joué contre de grandes équipes et cela avait fait notre force d’être présent contre elles. Et contre les équipes moins de renommées, on avait plus de mal. Parce qu’on a un jeu à attendre plus souvent et partir en contre-attaque que faire le jeu. Donc quand on joue contre des équipes où on a le statut de favori faire le jeu, c’est quelque chose qui nous est moins habituelle. Je ne parlerai pas trop de chance mais de faire attention. Déjà quand on voit le Mozambique ce qu’ils ont fait contre la Côte d’Ivoire ça prouve que toutes les équipes se donnent à fond. Le Rwanda aussi il faut se méfier d’eux. Je pense que jouer contre ces équipes est toujours un piège et surtout si on joue chez elles. Il faut faire attention et rester concentrer.

Vous jouez contre le Sénégal le 4 juin comment préparez-vous cette rencontre ?

MP : En ce qui me concerne je suis arrivé le 22mai, le petit groupe est arrivé pour ceux qui ont fini la saison un peu plus tôt. On prépare le match sereinement. On joue contre les champions d’Afrique. Qui joue contre a meilleure équipe africaine du moment doit se préparer de la meilleure des façons, même si on devrait se préparer comme ça contre toutes les autres équipes. Il y a toujours cette motivation quand on joue contre des équipes comme le Sénégal. Donc on espère aller chez eux à Dakar pour les perturber maximum Inshaa-Allah.

Le fait de rencontrer les champions d’Afrique chez eux ne vous donne-t-il pas une pression supplémentaire ?

MP : Ce n’est pas une pression supplémentaire mais plutôt une pression positive. Pour eux la logique c’est de pouvoir battre normalement le Bénin, nous on va essayer de mettre cette pression sur eux même si on sait que ce ne sera pas évident. C’est pour des matches comme ça que je continue à jouer au football. C’est un plaisir et une chance de pouvoir jouer ce genre de rencontre. J’en remercie Dieu.

Vous avez raté la dernière Can, est-ce que les Écureuils ne viennent-ils pas en opération de rachat ?

MP : On a loupé la dernière CAN, bien-sûr on va essayer de se racheter. On ne pas s’arrêter sur un échec que ce soit dans le football ou dans la vie mais encore plus sur le sport de haut niveau. On reste sur un échec la non-participation au Cameroun cela nous est resté longtemps à travers la gorge. Maintenant on veut effectivement se racheter quelle serait l’une des plus belles manières de bien commencer que d’aller titiller le champion d’Afrique. Donc on va tout faire pour s’en sortir.

 « L’objectif présent c’est de faire un bon et beau résultat contre le Sénégal »

Quelles sont les ambitions du Bénin ?

MP : Les ambitions du Bénin sont claires. A court terme c’est de finir dans les deux premiers pour pouvoir éventuellement se qualifier pour la prochaine CAN aura lieu en Côte-d’Ivoire 2023. On va essayer de ne plus trop se projeter rapidement ça a été aussi l’une de nos petites erreurs auparavant. On essaiera de prendre les choses pas à pas. Et l’objectif final reste bien-sûr la qualification à la prochaine CAN comme toutes les équipes. Mais l’objectif présent c’est de faire un bon et beau résultat contre le Sénégal.

Le sélectionneur du Benin a publié une liste de 26 joueurs dont vous qu’est-ce que cela vous fait de retrouver la sélection après des mois d’absence ?

MP : Je n’avais pas été sélectionné lors du dernier tournoi où l’équipe avait participé en Turquie. Le sélectionneur m’avait fait comprendre qu’il voulait essayer avec des jeunes, c’est tout à son honneur parce que ça s’est bien passé. Il a dit qu’il voulait mettre les bouchées doubles c’est-à-dire essayer ce melting-pot entre les jeunes et les plus anciens dont je fais partie. Le sélectionneur a jugé bon de me rappeler pour cela. Mais sachez que c’est toujours un plaisir pour moi de revenir en sélection, c’est comme si c’était la première fois.

Trois nouveaux joueurs ont été convoqués les Connaissez-vous ?

MP : Pour les trois nouveaux joueurs convoqués, je ne les connais que de noms, mais je ne les avais pas vu jouer. Là maintenant depuis une semaine d’entrainement je les vu, c’est bien. Ça prouve qu’il y a de jeunes talents qui arrivent. On découvre d’autres joueurs binationaux qui veulent intégrer la sélection du Bénin cela prouve qu’on est entrain de faire de bonnes choses. On attire les gens donc c’est une bonne chose.

Si le Benin parvient à se qualifie à la Can, sera-t-elle la dernière de Mikael Poté ?

MP : La fameuse question ! C’est vrai qu’on est plus proche de la fin que du début, franchement je ne pense pas à ça. Pour l’instant, je pense vraiment à prendre du plaisir. On va se qualifier Inshaa-Allah et après on verra. Il se passe tellement de choses dans le foot. Combien de joueurs ont annoncé qu’ils vont arrêter et après continuer ? Et aussi combien ont dit qu’ils vont continuer, puis arrêter ensuite ? Seul Dieu sait. On voit des Zlatan Ibrahimovic être des champions à 40ans, Buffon, Hilton de Montpellier il y a pleins d’exemples comme ça. On verra tout est possible.

Qu’est ce qui manque au football béninois pour faire partie des grandes équipes africaines ?

MP : Ce qui nous manque pour faire partie des grandes équipes africaines de football, je peux que ce sont des titres, d’arriver à se qualifier dans les phases de groupe. C’est quelque chose qui se construit. Si on est en retard par rapport aux autres équipes, c’est que le Bénin n’avait pas cette « mentalité artistique » comparée aux autres pays de la CEDAO. Mais maintenant cette culture béninoise commence à s’adapter au foot. Le football commence à prendre plus en plus de place et d’ampleur dans le monde. Le Bénin est sur cette voie d’adaptation. La taille du pays ne compte pas. Quand je vois des pays comme l’Uruguay en Amérique Latine, des petits pays comme ça qui ont l’habitude de venir en Coupe du Monde, juste à côté de nous le Togo qui a déjà fait une Coupe du Monde, cela montre que le Bénin peut y arriver. C’est une mentalité et notre pays est sur le chemin d’acquérir cette nouvelle donne. Tout ce qui se reste c’est de se qualifier, rester sur cette régularité et travailler pour gagner des titres.

Après votre belle Can de 2019, le Benin a chuté entre temps Qu’est ce qui explique cela ?

MP : Quand on est dans une certaine euphorie, on oublie certains détails qu’on pouvait éviter. L’Algérie a été champion d’Afrique mais n’a pas pu se qualifier pour la Coupe du Monde. C’est dur de garder cette régularité que les grands comme le Real Madrid possèdent. On apprend, on a été dans une place où on a jamais été c’est-à-dire en quarts de finale. On a eu un statut qu’on n’avait jamais eu. Des fois ce fardeau de « favori » peut se retourner contre toi et c’est qui nous est arrivé. On apprend et on espère ne plus refaire les mêmes erreurs.

« Quand on est dans une certaine euphorie, on oublie certains détails qu’on pouvait éviter »

Le Benin peut-il créé la surprise dans ces éliminatoires ?

MP : Si je pars du principe qu’on fait partie des favoris avec le Sénégal, si on se qualifie ça ne serait pas une surprise. Si maintenant le Bénin n’est pas considéré comme favori, on peut créer la surprise. On a des cartes à jouer, parce qu’on a notre petite revanche à prendre sue le peuple béninois. En phase finale de CAN c’est autre chose. Mais pour ces éliminatoires, retenez qu’on a nos cartes à jouer même si c’est un peu compliqué.

Que pensez-vous de la polémique sur le refus de Idrissa Gana Gueye de porter un maillot arc-en-ciel ?

MP : Je n’ai pas trop suivi l’épisode sur la polémique d’Idrissa Gana Gueye. Ce que je peux dire chaque joueur est libre de faire respecter ses convictions. Tant que cela n’a pas d’impact dans le jeu sur le terrain, chaque joueur doit garder sa liberté.

Pensez-vous que le football doit s’introduire dans les croyances des joueurs ?

MP : Je ne pense pas. La croyance de tout un chacun est personnel. Chaque fait comme il veut tant qu’il respecte l’autre. Il ne faut pas imposer une croyance ou autre aux gens. On vit sa croyance personnellement. D’un autre côté aussi, ne pas imposer dans un club une chose qui va à l’encontre de la croyance d’un autre. Je pense que chacun doit être libre tout en respectant les règles et codes du football. Quand on rentre dans un pays on respecte les règles tout en gardant ses croyances et coutumes. Tant que cela n’impacte pas sur la vie des autres gens, je pense que ça va. On ne doit pas interdire ou obliger une personne à faire une chose. Chacun reste libre.

« Chacun doit être libre tout en respectant les règles et codes du football »

Le football doit-il être utilisé comme arme pour certaines causes, parfois controversées, selon vous ?

MP : Ça peut l’être bien-sûr. On a vu certains messages passés par le football, on a vu beaucoup d’exemples. Ça peut aider, on est en quelques sortes des ambassadeurs par moment. Mais après à toute proportion gardée, il ne faut pas mélanger les choses. A la base notre métier c’est d’être des footballeurs professionnels, si on a une certaine influence positive c’est bien. Elle peut être négative aussi. On est des ambassadeurs, il faut faire très attention. On doit avoir un certain comportement, si celui-ci fait passer un message tant mieux. Mais on ne doit pas nous s’imposer un code pour faire passer des messages. C’est une possibilité libre à chacun d’accepter ou pas. Dans la vie quand on est médiatisé on doit avoir la meilleure des images.

Connaissez-vous personnellement des joueurs sénégalais ?

MP : De très loin, je connais Sadio Mané, son meilleur ami est un joueur béninois Désiré Segbe Azankpo, par cet intermédiaire on se connaît. Il sait qui je suis en toute modestie. C’est une personne très respectueuse malgré sa renommée qu’il a et son potentiel de futur ballon d’Or. Son humilité est connue de tout le monde. On a eu à échanger très peu et très rarement. Je connais des Sénégalais que j’ai croisé en clubs. Mais à part Sadio je ne connais pas étroitement les autres joueurs sénégalais.

Quelle analyse faites-vous sur les équipes africaines qualifiées au mondial Qatar 2022 ?

MP : A part l’Algérie, on n’est pas surpris. Toutes les équipes qualifiées sont de grandes nations africaines de football. Le football évolue sur tous les continents. Bien-sûr que ces pays africains peuvent créer la surprise. Je pense que c’est possible de faire de très belles choses au Qatar même si ça serait difficile. Mais c’est possible, il faut juste y croire, le football africain avance.

« Pourquoi pas me retrouver un jour sur le banc des Eléphants ou sur celui d’une autre sélection ? »

Vous êtes Ivoirien de votre père peut-on s’attendre à vous voir un jour sur le banc des Éléphants ?

MP : Pourquoi pas? C’est possible me retrouver un jour sur le banc des Eléphants ou sur celui d’une autre sélection  selon l’objectif que j’aurai si je veux devenir coach ou autre ? Il n’y a pas de frontières pour me limiter à une nation au détriment d’une autre. Je suis Béninois, je suis Ivoirien. J’avais eu la possibilité de jouer très jeune avec la Côte d’ivoire. J’étais appelé mais je ne suis pas allé parce que j’estimais que j’étais trop jeune à l’époque. Quand le Bénin m’a appelé, j’ai décidé de partir avec ce pays. Je ne le regrette pas aussi. Je mettrai une pièce un peu plus sur le Bénin parce que j’y suis, j’ai passé plus d’années ici. Je suis plus impliqué ici. Les Eléphants, je ne connais comment cela se passe à l’intérieur. Donner un coup de main, oui on peut le faire, il y a des frères qui ont aidé d’autres pays et ce n’est pas pour autant on va renier son pays. Je trouve qu’il n’y a pas de problèmes à ça.

Votre dernier mot

MP : Je remercie Africatopsports pour la considération. J’espère avoir répondu à toutes ces questions. Vous faites du bon travail. Je suis surpris agréablement de constater qu’en dehors de mon pays et du pays où je travaille, d’autres médias s’intéresse à ce que font les Africains de tout bord. Ça fait plaisir de voir qu’il y a ce sérieux chez vous. Merci pour la considération.

 


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